Il fait encore doux à Fribourg fin septembre, et c’est précisément le moment où je sors la crème épaisse du placard. Pas par excès de zèle. Parce que j’ai compris que commencer en janvier, quand le talon est déjà fendu, ne sert plus à grand-chose.
Les fissures reviennent chez moi au même endroit chaque année, sur le pourtour du talon droit. Voici ce que j’ai lu à leur sujet et ce que j’ai changé.
Ce qui favorise une crevasse pied en saison froide
Les fiches grand public décrivent une peau qui perd en souplesse et finit par se rompre sous la contrainte. Plusieurs éléments se cumulent en hiver.
L’air sec, d’abord, intérieur comme extérieur. Le chauffage assèche l’air d’un appartement de façon considérable, et la peau suit. Les douches chaudes et longues, ensuite, qui retirent le film gras protecteur. Et l’épaisseur de corne, enfin : une zone déjà épaisse est plus rigide, donc plus facile à fendre quand l’appui l’étire. C’est le lien que je n’avais pas fait et qui rattache ce sujet à la corne aux pieds.
Un facteur mécanique revient aussi : les chaussures ouvertes à l’arrière, sabots et mules, qui laissent le bord du talon s’étaler à chaque pas. Je trouve cette explication cohérente avec ce que je constate chez moi, où les fissures apparaissent en fin d’été plutôt qu’en plein hiver.

Ma routine, et sa seule qualité
Elle n’a rien d’original. Sa qualité est que je la tiens, parce qu’elle prend quatre minutes et qu’elle est posée au même endroit chaque soir.
Je commence début septembre, pas en décembre. Crème épaisse après la douche du soir, sur peau sèche, en insistant sur le pourtour du talon plutôt que sur le centre. Chaussettes en coton fin par-dessus, parce que sans elles je glisse dans le couloir et que la crème finit sur le parquet.
Une fois par semaine, je passe la lime, doucement, sur peau sèche. Pas pour atteindre un talon lisse, juste pour éviter que l’épaisseur s’installe. J’ai expliqué pourquoi je ne lime plus après un long trempage dans l’article sur les bains de pieds.
Ce qui a le plus compté dans cette routine n’est aucun des gestes, c’est la date de début. Deux hivers avec et deux hivers sans, c’est une observation personnelle et rien de plus, mais l’écart est assez net pour que je ne change plus.
Les textures, et ce que j’ai fini par acheter
J’ai essayé des laits fluides, des crèmes à l’urée et un baume très gras. Les laits disparaissent en vingt minutes et je n’ai rien constaté de durable. Le baume laisse une couche qui tient la nuit entière et c’est celui que je garde.
Sur les crèmes à l’urée, je suis mal placée pour trancher. Les notices décrivent une action sur la souplesse de la couche superficielle, les concentrations varient beaucoup d’un produit à l’autre, et je n’ai aucun moyen de comparer sérieusement. Je les mentionne parce qu’elles existent et parce qu’on m’en parle, pas parce que je les recommande.
Une chose que je regarde maintenant : la liste des composants et la présence d’un parfum. J’ai eu une rougeur avec un produit parfumé en 2025, et depuis je préfère les formules sans. C’est une préférence personnelle, pas une règle.
Le point que je ne négocie pas
Une fissure qui saigne, qui suinte ou dont les bords sont rouges et chauds n’est plus une question de cosmétique. Les documents de prévention sont nets : la peau est rompue, et une peau rompue est une porte d’entrée.
Dans ce cas, je ne lime pas, je ne trempe pas, je ne mets pas de crème parfumée par-dessus, et je prends un avis. Même chose pour une fissure qui ne se referme pas après deux semaines de soins attentifs.
Pour les personnes vivant avec un diabète, un trouble de la circulation ou une sensibilité diminuée du pied, toutes les sources que j’ai lues demandent un avis rapide et déconseillent l’entretien par soi-même. Je le répète à chaque article concerné parce que c’est le point le plus constant de toute ma documentation.
Mon mémo de septembre
- Sortir la crème épaisse avant les premiers froids, pas après la première fissure.
- Appliquer le soir sur peau sèche, en insistant sur le pourtour du talon.
- Chaussettes fines par-dessus, pour la tenue et pour ne pas glisser.
- Lime une fois par semaine, sur peau sèche, quelques passages seulement.
- Douches plus courtes et moins chaudes, ce qui est le changement que je tiens le moins bien.
- Fissure ouverte, rouge ou douloureuse : on arrête tout et on demande un avis.
Les chaussettes et l’intérieur de la maison
Pendant longtemps, je marchais pieds nus sur le carrelage de la cuisine du matin au soir. Le carrelage froid et sec n’arrange rien, et le contact direct sur une surface dure concentre l’appui exactement là où les fissures apparaissent.
Je porte maintenant des chaussons fermés à l’arrière à la maison d’octobre à mars. Ce changement est le seul que j’ai fait isolément une année, sans rien modifier d’autre, et c’est pour cette raison que je lui accorde un peu plus de crédit qu’aux autres. L’hiver suivant, la fissure habituelle du talon droit n’est pas apparue.
Une observation sur une personne et une saison ne vaut pas démonstration. Je la note parce qu’elle est facile à reproduire chez soi, qu’elle ne coûte rien à essayer et qu’elle recoupe ce que disent les fiches sur le frottement du bord du talon. Je donne un repère voisin dans l’article sur les chaussures de ville.
Un geste de rangement qui change la régularité
La crème reste sur la table de nuit d’octobre à mars, pas dans l’armoire de la salle de bain. Je l’ai déplacée un soir où j’avais la flemme de me relever, et la régularité a doublé.
Le même raisonnement vaut pour la lime, rangée dans une boîte en fer sur l’étagère du haut plutôt qu’au fond d’un tiroir encombré. Une habitude tient par sa friction, pas par la bonne volonté de celle qui s’y engage, et j’ai mis des années à l’admettre pour mes pieds comme pour mes pellicules photo, qui finissent elles aussi par être développées quand tout est prêt sur la même étagère.
Je donne ce détail parce que c’est celui qui a eu le plus d’effet chez moi, et parce qu’il ne coûte rien à essayer. Si vous avez un rituel d’hiver qui tient depuis plusieurs années, la mécanique qui le fait tenir m’intéresse autant que son contenu.
